L'histoire du château de Callac

Historiques des constructions

L'origine du Château de Callac remonte au XIIème siècle où il est fait mention d'Olivier de Callac qui occupait alors un manoir dont l'emplacement n'est pas décrit avec précision. Ce manoir fut brûlé et détruit pendant la guerre de succession de Bretagne (1341-1365). Il n'en reste aucune trace.

Au XIVème siècle le manoir est reconstruit. Il occupait l'espace en bleu mentionnée sur le plan ci-contre. On peut encore observer la tour carrée de cette époque, le reste du bâtiment à été remanié par les transformations postérieures.

Dans la seconde moitié du XVème siècle, le manoir est remanié partiellement et agrandi par la construction de l'aile « dite des tours », en rouge sur la plan. Les éléments remarquables de cet agrandissement sont les 4 tours rondes au nord et les 4 lucarnes qui ornaient la face côté cour, dont seulement deux subsistent. Il est vraisemblable que ces travaux n'aient pas été entrepris d'une seule traite mais en plusieurs étapes, ce qui explique les différences de taille des tours et lucarnes.

Au XVIème siècle, le manoir est agrandi en prolongeant l'aile d'origine afin de donner à Callac plus de surface pour accueillir des fonctions administratives (en vert sur le plan).

Au XVIIIème siècle, Callac est habité successivement par ses deux filles, sans qu'aucun travail d'aménagement significatif ne soit entrepris. Callac accueille le comte Louis Charles de Marbeuf, qui a épousé la propriétaire, née Julie-Eléonore du Guémadeuc. Devenu Lieutenant Général, Grand Croix de l'ordre de Saint Louis, Gouverneur en Corse, il fut à l'origine de l'entrée du jeune Napoléon à Brienne.

Pendant la Révolution, Callac fut un lieu de réunion de chefs chouans. Georges Cadoudal, entre autres, rencontra ses lieutenants dans ce refuge.

En 1823, Callac fut partagé entre deux des filles de Madame du Bot, Pauline de La Marche et Bonne de La Buharaye selon une  ligne de répartition qui  subsistera jusqu'en 2000. Les relations entre les héritiers des deux titulaires initiales furent assez rapidement difficiles. La cour fut séparée en deux, les communs répartis entre les deux propriétaires. Tous les projets de réunifications du Château échouèrent.

Pendant la 2ème guerre mondiale, Callac servit de point de ralliement aux parachutistes de la France Libre envoyés en mission et échappa de peu à l'incendie par les allemands.

A partir de 1947, les descendants des La Buharaye ont laissé leurs bâtiments à l'abandon. Des portions de murs et de toitures sécroulèrent à partir des années 1970. Les ronces et arbustes envahirent les abords et parfois l'intérieur, mis à ciel ouvert  après la chute de toitures. L'autre partie du Château, dont l'aile des tours, continuait d'être entretenue par les autres descendants.
 

En 1991, le propriétaire de la partie en ruine la céda à une cousine. En 2000, celle-ci, devenue veuve, ne put lancer son projet de restauration et proposa de réunifier le Château en vendant ses bâtiments au propriétaire de l'autre partie. Les dégâts causés par le temps étaient très importants, mais Callac retrouvait son unité.

Des travaux de sauvetage de ce patrimoine sont alors entrepris avec l'aide de la D.R.A.C (Conservation Régionale des Monuments Historiques) et avec celle du Conseil Général du Morbihan. Ceci s'explique par le fait que en 1971,  Callac a été en partie classé Monument Historique et en partie inscrit à l'I.S.M.H.

Les travaux de sauvetage ont été placés sous la maîtrise d'oeuvre, d'abord de Monsieur J.F. Lagneau, puis celle de Madame Marie-Suzanne de Ponthaud, Architectes en Chef des Monuments Historiques, dans le cadre dune procédure de sauvetage en urgence.

Au XVIIème siècle, Callac  aurait accueilli à plusieurs reprises le Cardinal-Duc de Richelieu, dont une chambre porte encore le nom. Il fut ensuite la propriété du marquis du Guémadeuc, dont une cousine hérita du titre de Duchesse de Richelieu.

Le château de Callac est alors remanié sur les bases des édifications existantes pour lui donner définitivement le confort exigé de l'époque. Ainsi, Claude puis Amador du Guemadeuc construisent les quatre pavillons visibles dans la cour pour créer les symétries, ils font surélever les plafonds du premier étage pour donner plus d'ampleur aux pièces et ouvrent des grandes fenêtres en sciant les meneaux dont on voit encore les emplacements. Ils feront supprimer deux lucarnes en vue de les remplacer par un fronton classique, mais Amador abandonnera son chantier ambitieux, anéanti par la mort de son fils au combat.
 

Le Château de Callac ne subira plus d'aménagement important après cette date (1693). Il a alors son aspect actuel.

Blason des Callac sur la Chapelle Saint Maudé

Blason des Callac, visible sur la façable de la chapelle saint Maudé, tout proche du château